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Valence la plaine les canaux

 

LA PLAINE DE VALENCE

L'Isère, affluent du Rhône, est le constructeur de la plus grande partie de cette plaine.

Elle est encadrée au Nord, à l'Est et au Sud par des collines ou lambeaux de plateaux, surtout molassiques, de formes et de hauteurs modérées (200 à 300 m) et bordée à l'Ouest par le Rhône (Les reliefs sont constitués de grès tendre à ciment argilo-calcaire englobant des grains de quartz, paillettes de mica, etc. La molasse, qui présente la particularité de durcir à l'air, est très utilisée dans les constructions).

Pendant le miocène (troisième période de l'ère tertiaire de -20 à -5 millions d'années), le fond molassique de l'Isère a été couvert de marnes bleues (sédiments argileux contenant 20 à 80% de calcaire). A l'ère quaternaire, -2 à -1 millions d'années, ce fond se couvre d'une masse énorme d'alluvions (Sédiments d'origine détritique déposés par les eaux à la surface des continents: limons, graviers, cailloux etc.), d'origines alpines et préalpines formant ainsi un vrai delta à sa rencontre avec le Rhône.

On le reconnaît encore dans la forme générale de la plaine de plus en plus étalée à partir du resserrement entre le Bas Dauphiné et Royans et à pente décroissante du Nord-Est au Sud-Ouest.

L'Isère Ancienne a édifié ce grand delta avec des matériaux venus de très loin, de toutes natures, très roulés par des masses d'eau dont l'Isère actuelle ne donne pas une image même approchée.

Ces nappes se sont tardivement réduites à trois bras principaux dont un seul subsiste, sur la marge nord, en décrivant un grand méandre en amont de Chateauneuf de l'Isère.

Le Rhône, lui aussi très travailleur, a mêlé et soudé à ce delta isérois ses propres alluvions. Quant aux courts et rapides torrents du Vercors proche (dont la Véore est une médiocre héritière), ils ont arraché des masses de débris anguleux aux éboulis accumulés au pied des hautes falaises urgoniennes (Faciès calcaire des grands escarpements Préalpes Vercors). Ils ont constitué des cônes de déjection (dépôt alluvionnaire laissé par un torrent) anciens ou récents d'éléments mal roulés surtout calcaires, débris étalés maintenant entre la campagne au sud de Bourd-de-Péage jusqu'à Malissard et Beaumont.

La plaine de la rive gauche du Rhône n'est occupée et exploitée qu'à partir du Néolithique et surtout à l'âge des métaux, lorsque l'agriculture et l'élevage remplacent la cueillette. C'est alors que commencent le défrichement et l'essartage (après déboisement, brûlis pour culture) de la vaste étendue boisée qui s'allonge du Rhône au Vercors. La forêt de Malissard en constitue l'ultime lambeau.

(A suivre...)